Avant d'aborder le manga en lui-même, il s'agit d'aller
à son origine.
A l'origine ? Naruto est un One Shot,
c'est-à-dire une histoire courte sans aucune continuation.
Elle paraît en 1999 dans l'Akamaru Jump et ne conte
pas le parcours du jeune ninja que nous connaissons aujourd'hui.
Bien au contraire ; elle rapporte les aventures d'un jeune
garçon doué de pouvoirs magiques. Elle est encore
très distante de ce qu'elle deviendra plus tard, de ce
qu'elle est maintenant.
Le graphisme du personnage principal plaît
énormément à son auteur qui décide de
le conserver, lui ainsi que son titre.
Et la transformation s'opère !
Et le scénario commence à se dessiner !
Il suivra le schéma du shônen qui illustre –
selon son genre – le périple d'un héros
lancé dans une quête à travers une initiation
qui établira son individualité et où seront
exploitées ses émotions, mises à
l'épreuve, comme son acharnement, son courage et sa
volonté. C'est donc ce que l'on retrouve à travers
l'oeuvre de
Masashi Kishimoto :
Naruto.
Naruto
Quelque part... Konoha.
Quelque part où bruissent, dans un agréable
frottement confus, les feuilles accrochées aux branches
frappantes.
Quelque part... Quelqu'un.
Quelqu'un... Enfant – Orphelin. Sans père – Sans
mère. Seul. Rien que du vide dans un silence hurlant.
Les habitants du village de Quelque part ?
Ils le tolèrent mais ne l'acceptent pas. Peur.
Répulsion. Rejet. Haine.
La raison ?
Cet enfant –
Uzumaki Naruto – a
été choisi, dès sa naissance, par le
quatrième Hokage pour
devenir l'hôte qui abriterait l'esprit du légendaire
démon renard à 9 queues, Kyuubi. Un monstre effrayant
de puissance enfermé dans une prison corporelle, celle d'un
nouveau-né. Il est alors naturel de susciter, par ce fardeau
de plomb, ce poids de fer rouge colossal, ce tourment
intérieur ; l'Horreur.
Naruto cherche la reconnaissance
humaine, l'acceptation de son existence. Comme un être
humain. Pas comme ce monstre qui a décimé le village,
éparpillé le chaos, propagé la Mort. Il veut
exister ; ne pas être seul ; car c'est si triste d'être
seul, d'essuyer le refus de son souffle. Comme s'il n'était
pas même le rien, exclu par son fatal fardeau au bord du
monde ; expulsé par le poing glacé du Mépris
et de la Crainte ; prêt de tomber dans le gouffre accueillant
du vide.
Poussé par son besoin de reconnaissance, une quête
l'anime : Devenir hokage, le ninja le plus fort du village.
A l'académie, il n'est pas brillant. Il n'est pas
médiocre. Il est exécrable.
Mais sa soif d'exister lui offre un verre de volonté
persistante : « Un jour je serai hokage ! » - Une
réplique qui résonne dans son coeur comme des cloches
teintantes de persévérance aigüe ; rythmant la
traversée du héros, la traversée du
manga.
« Tu s'ras forcé d'reconnaître ma valeur, et
plus encore, la valeur d'ma vie, elle s'ra reconnue et j'existerai
enfin ! », semble-t-il crier sourdement.
Il progresse.
Les habitants du village ?
Ils l'acceptent doucement.
Naruto se lie d'amitié avec
Uchiha Sasuke. Il deviendra son
meilleur ami, mais celui-ci se détournera ensuite pour
accomplir une trouble vengeance...
...
Quête identitaire.
Quête de vengeance.
Quête du mal.
A cela s'ajoute une résonnante ancrée dans le manga,
une quête invisible mais bien présente, celle de
l'auteur : « Je serai mangaka ou rien ! »
Naruto est une oeuvre riche
d'émotions, de mythologies, de symbolisme, reflet de
personnages fictionnels vivants :
Si l'un souhaite être hokage, prouver son existence et
retrouver son ami ; l'autre, souhaite se venger ; l'autre,
acquérir la vérité absolue ; l'autre,
l'abolition des faiblesses du corps humain ; l'autre, regarder
filer les nuages...
Nous ?
Profiter d'eux.